30.08.2008

FANGAREVA



Hier matin nous découvrions à l'aube, notre nouvelle escale : FANKAREVA.

Nous avons attendu dehors l'étal de basse mer, pour pouvoir rentrer dans la passe,( avec une bande de dauphins) après une nuit
encore....tres houleuse. Les courants sont suivant les marées de minimum 5 noueds pour les courants rentrant, et jusqu'a 10 noueds pour les
sortants d'ou la très grande importance à attacher aux marées.

Un atoll le deuxième plus vaste de Polynésie. Quand on est au village principal, on ne peut voir l'autre bout de l'ile , 13 miles ( environ
25 kms ) nous en sépare. Une mer dans la mer. Bout au vent nous avons remonté le chenal intérieur, pour arriver au village. Le Cobia III
était à quai, pour décharger son fret, et entre autre le gas oil pour les habitants de l'ile. A couple nous avons pu acheter 70 litres de
Gas Oil, nos derniers francs pacifique y sont passés. Il faut savoir, qu'il n'y a pas de distributeur, le "requin bleu" ( équivalent de la
poste) ne donne de l'argent qu'avec les cartes bleues des banques locales, ou du change pour les euros. Sans Franc Pacifique, impossible
d'acheter aucun ravitaillement, ou meme boire une bière.....Nous avions gardés quelques menus monnaies, pour acheter des journaux....mais
il n'y a pas de journaux hormis le journal local.

La principale activité de l' atoll est la Perle, et aussi un peu le tourisme, un hotel et plusieurs "family hotel" ( pension). Mais pas de
craintes de foules touristique, c'est paisible, beau, et surtout très propre. Une route cimentée longe une partie de l'atoll sur 15 kms,
puis une piste prend le relais, mais il est impossible d'en faire le tour. Quelques éternels 4X4, beaucoup de vélos sur une route très
plate, et au ras de l'eau. La partie ou se trouve le village n'est pas large, ( entre le lagon et la mer) environ 500 mètres. Des filaos,
cocotiers, hibicus, bougainvilliers, frangipaniers, et tant d'autre fleurs que l'on ne peut nommer, faute de savoir leurs noms.Des maisons
en béton, mais souvent en contreplaqué, peinte, des toits en tole rouge, ou gris,( plus rarement en palmier tissé) souvent pas de "fenêtre"
fermées, un rideau, de tissu, fleuri, et les alizees rafraichissent l'habitat, des fleurs assurent la décoration naturelle.Une citerne
jouxte systématiquement chaque maison, pour recueillir l'eau de pluie.

Un lagon suivant la couleur du ciel, aux eaux bleus, absolument incroyable. Pour ceux qui connaissent les Tobagos Cays ou petite
terre, c'est la meme chose, mais en nettement plus grand.

Des rencontres sympathiques, entre autre un couple dans un catamarran ( le seul autre voilier à notre arrivée) qui fait du charter de
plongée. Son aide aura été précieuse, il nous a remis la drisse du foc en place, ( elle était cisaillée) et aidé à dérouleer la GV coincée
dans le mat...., ( abimée par le coup de vent lorsque l'on a cassé la baume). Un autre couple à la vue de notre pavillon national ( breton
bien sur) dont il reste encore quelques bandes visibles.....est venu nous voir, puisque notre tirant d'eau nous a permis de nous mettre à
quai. Elle était du village voisin de mon enfance.......son oncle étant le meilleur ami de mon père. Si loin incroyable....

Dans la rue principale, tout le monde salue tout le monde, avec le sourire, un petit mot, ce que l'on a retrouvé dans les autres iles.
Jamais aucune agressivité, rancune, ou racisme, à notre encontre, un peu l'atmosphère des iles de l'archipel de Guadeloupe.( Désirade,
Maire Galante, Les Saintes)

Promis nous reviendrons dans cet atoll, distant de 225 miles de Tahiti. Nous avons très envie de découvrir son pourtour, de gouter au
calme, de plonger, de rouler en vélo.

Il nous faut partir, le temps dramatiquement nous presse. La météo annonce.....de la houle, du vent pouvant atteindre 60 kms.

Arrivée prévue dimanche dans la matinée.



27.08.2008

TAKAROA


A l'aube du 26 aout l'ile de Takaroa défile sous notre babord, et nous venons de
terminer une nuit que nous souhaitons à personne.
Impossible de fermer l'oeil tant la houle nous bouscule. Nous attendons l'étal de
basse mer pour embouquer le chenal qui nous mènera dans
le lagon. Un chenal qui se termine à 90 ° ou malgré l'étal le courant est violent
et le passage étroit. Nous avons croisé deux barques,
l'une s'approche pour nous donner des conseils et nous lui demandons s'il ont du
gas oil sur l'ile , réponse oui demain peut etre un
bateau arrive avec des futs..... le peut etre nous laisse perplexe.En fait le gas
oil est vendu par futs de 200 litres aux fermes perlières.

Le lagon nous parait très grand, on voit à peine l'autre extrémité, le clapot est
fort, et nous cherchons un endroit pour mouiller. Aucune
indication ni sur le gps ni sur max sea....Pratique. Des boules de mouillage
dessimées un peu partout nous barre le passage. Nous revenons
le long du platier et nous trouvons par 16 metres de fond, de quoi nous reposer,
et enfin arrêter le moteur. Nous sommes sur le qui vive le
platier est à 10 mêtres pas le droit à l'erreur dans le mouillage, et les rafales
de vent et grains défilent.....l'anémomètre monte à 26 28
noueds. Nous ne pourrons quitter le bateau, entre nous et le village juste en face
, une vaste zone de corail ( platier) qui découvre à
marée basse, nous interdit meme la possibilité de mettre l'annexe, et à rame il
n'est pas envisageable de nous rendre au village vu le
vent. Notre hors bord, à une patte de fixation completement grippé par le sel et
l'électrolyse. Malgré des soins répétés rien à faire, de
toute manière nous ne voyons pas de passe pour aller au village. Dommage, en
revanche les couleurs sont splendides, les bleus
indescriptible s'étalent sous nos yeux. Nous nous reposons, refaisons le point, et
jean marc teléphone dans un atoll voisin ou miracle
jeudi matin à FAKAREVA, nous aurons du gas oil si nous sommes sur le quai en meme
temps que le bateau qui amène le miraculeux
carburant.....

Voici donc notre route un peu déviee, nous n'irons pas à Rangiroa, initialement
prévu, mais FAKAREVA, puis Papeete. Demain départ à 7 h 15
pour l'étal de basse mer, et 20 heures de navigation devant nous, vu les alizées,
nous savons à quoi nous attendre.....

Ce soir, ti punch, crepes, bananes flambées, ( nos trois régimes se suivent et
murissent un peu vite....).

Le pain est au four, les yaourts, sont en train de se faire, le repas de demain
est au réfrigérateur, nous sommes parés pour 102 miles......

Une autre ile demain.....

26.08.2008

De Hiva OA à Tahuata

Nous avous avions laissé sur nos premières impressions à Hiva Oa, mais nous avons passés trois autres belles journées. L'une a découvrir le
musée Gauguin, composé que de reproductions mais joliment agencé, avec de petits films, et l'histoire de Gauguin, mêlé à l'histoire de
l'époque. Un bel endroit dans un joli jardin, qui se termine par le récent musé consacré à Jacques Brel. Un simple hangar de tole, ou trone
Jojo, son petit avion qu'il utilisait pour lui mais surtout pour aider les habitants de l'ile,( évacuation sanitaire par exemple). UN lieu
émouvant, des photos, des courriers, ses chansons qui tournent en boucle dans cet endroit. Nous sommes allés sur la tombe, tout en haut
d'une colline, ou il repose parmi les autres habitants de l'ile. Une tombe entouré de cailloux, et recouverte de terre, juste une plaque et
quelques "exvoto" de passants.

La troisième journée, nous avons loué un 4x4 ( aucun autre véhicule et pour cause....) pour nous rendre à PUAMAU, à l'autre bout de l'ile,
ou l'on trouve l'un des sites religieux les plus anciens avec quelques tikis ( statue de pierre). Une piste superbe, (la route s'arrete au
niveau du petit aérodrome), qui suit le bord de mer, a flanc de montagne ou une erreur de conduite serait fatale.... des successions de
criques, qui mènent à des vallées ou se nichent un hameau. Le site est superbe, et dans l'histoire, il est récent. Il semblerait que les
derniers rites religieux se soient éteints vers 1816, datent à laquelle les missionnaires ont euvrés pour leur propre église...

Un restaurant chez Marie Antoinette, nous a tenté. Nous avons pu nous insérer dans un petit groupe de touristes ( rencontrés la veille dans
les musées) et la nous avons mangés tahitien. Quel repas !!! je vais tacher de vous le restituer

Le repas tahitien est composé de plusieurs plats, mais tous ces plats de l'entrée au dessert se trouve au meme moment sur la table.

Nous avons dégusté de la chevre au citron, puis au coco ( délicieux) du poisson cru mariné, du poisson frits, des frites de l'arbre fruit à
pain, du riz , de la banane à l'amidon ( un régal) du gateau coco fondant, le tout arrosé de jus de corrosol frais. Nous avons eu du mal à
quitter une table si richement dotée..... Alourdit.... mais très content, nous avons repris la route du retour, pour visiter une autre
vallée. Rencontre avec un exploitant d'une vanilleraie ( orthographe??) qui etait auparavant capitaine de vaisseau..... Il n'avait plus de
vanille fraiche mais du concentré de vanille a fait notre affaire. Nous avons terminé chez Mr O'Connor, d'origine irlandaise, mais tahitien
depuis plusieurs générations. Il tient avec un de ses fils une petite exploitation de bananes, citrons, ect.....Nous avons visité son four
au feu de bois qui sert à sécher les bananes. Notre approvisionnement de fruits frais se fera là, nous repartons avec deux régimes de
bananes, des bananes séchées emmaillotées dans les feuilles de bananiers, des citrons frais et confits dans du sel, du miel des montagnes,
des pamplemousses énormes ( 6 pour 7 kilos...) et en prime le sourire et la gentillesse de sa petite famille. En fait Augustin 0 ' connor à
17 enfants et 66 petits enfants............
De retour, sur la route, nous avons cueillis des citrons sauvage qui poussent sur la route de l'aéroport.

Le quatrième jour, nous honorons l'invitation d'Anne une amie de Jean Marc, qui est médecin sur le paquebot Paul Gauguin. Une agréable
journée, autour d'un buffet, très américains....... Le soir voyant notre mouillage toujours aussi bousculé nous avons levé l'ancre pour
arriver de nuit sur un mouillage sous le vent de l'ile voisine TAHUATA

TAHUATA.

Mouillage très ventilé, ou rafale le vent avec violence parfois, mais enfin nous pouvons manger à plat....La baie ou nous sommes réfugiés
s'appelle HAPATONI. Un hameau de 120 âmes environ, une petite école, face à la mer, une jolie église, quelques maisons, des lieux de
rassemblement public pour le soir. Nous sommes allés aux vêpres du soir ( tous les soirs il y a des vêpres....) écoutés les chants
religieux en tahitiens. C'était beau, cette langue est belle chanté, et très gutturale parlé, avec beaucoup de claquement de langue. Le
lendemain nous nous sommes rendus au village principal à travers une piste, mais Monsieur le curé nous a pris en stop dans son land
rover.Heureusement, sinon nous aurions renoncé.....2h 30 pour revenir dans la montagne.....une route en pente qui n'en finissait
pas.Toujours une nature belle et généreuse, papaye, citrons, pamplemousses, bananes , poussent naturellement. Au retour dans le hameau, un
sculteur sur bois, nous a offerts un sac de pamplemousses, que nous avons du porter à deux.....vu le poids.

Vérifications d'usage ( drisses, moteur, ) et nous levons l'ancre.

Deux heures plus tard, nous étions dans des rafales de vent, pluie, une mer houleuse très désagréable. Vers une heure du matin, alors que
nosu assurions les quarts, une rafale plus forte ( 30 à 35 Noeuds de vent) et l'horreur, plus de baume, brisée en deux , elle tape sur le
pont, complètement folle, et dangereuse. La voile claque, bat dans tous les sens, jm barre, je réussis à rentrer la gv un miracle. La baume
tape moins. NOus devons attendre avant de pouvoir nous aventurer sur le pont, pour l'assurer avec un bout. La drisse de foc est aussi
cassé.IL pleut, il fait nuit, le vent ( maramu) est infernal, pas toujours facile la vie du plaisancier......

NOus avons 420 miles à faire et plus une voile..... le moteur prend le relais, et nous sommes depuis dans un shaker. Très pénible de
naviguer ainsi, aucun repas chaud n'est envisageable. Nous ne savons pas comment nous mettre pour etre un peu épargné par les coups de
roulis. Mal de dos, et genoux, nous rappellent à l'ordre....... Ils nous restent du gas oil suffisamment pour rejoindre TAKAROA un atoll
des tuamoutus mais après............... nous serons encore à 325 miles de Papeete et je commence a douter d'etre le matin du 1er au
bureau....

Ils nous tardent que cette navigation qui n'est plus du tout un plaisir s'arrete.

En attendant nous sommes aussi très inquiet pour un copain de bateau rencontré aux galapagos, seul sur son catamarran du nom de BEUGNAISE ,
qui n'est toujours pas arrivés......Cela fait une semaine, que nous attendons de ses nouvelles. Un autre bateau TAM TAM l'attendait sur
leur mouillage, d'ailleurs ce sont eux qui nous communiqués leurs légitimes inquiétudes. Nous y pensons souvent....

Une suite dans un atoll ?